Question :

La formation en langues orientée métier comme mesure
pour améliorer l’emploi.
Lors de la déclaration-programme de juillet 2014, votre
gouvernement a présenté sa priorité de développer la formation
professionnelle, notamment la formation en langues orientée
métier comme mesure pour améliorer l’emploi.

Depuis, Actiris a choisi de généraliser les tests linguistiques
en néerlandais en Région bruxelloise et 19.744 demandeurs
d’emploi ont passé un test l’an dernier, qu’ils soient tout à fait
débutants ou non.

Des suites de ces tests, 9.370 chèques langues ont été
distribués, offrant l’accès à une formation pour un budget total de
6,391 millions d’euros.

Si l’importance d’investir dans la formation des demandeurs
d’emploi est une évidence pour tous, il convient néanmoins de
questionner les résultats d’un tel dispositif.

En effet, depuis la réforme de cette formation en 2016, des
cours collectifs ont été mis en place en instituts de promotion
sociale. Plusieurs problèmes s’y posent. D’abord, le niveau
d’études des demandeurs d’emploi n’est pas pris en compte.
Ainsi, les cours sont les mêmes pour les diplômés d’université
ou les personnes ayant un bagage éducatif très limité. Cela crée
des cours difficilement gérables au vu de la différence de niveau
entre les étudiants. De plus, les cours du soir sont interdits aux
demandeurs d’emploi subventionnés par Actiris. Cette approche
rigide ne permet ainsi pas à tous d’avoir accès à une formation
langue, pourtant vitale en région bilingue.
Mon sentiment est que ces formations sont couteuses ;
avec peu de résultats, notamment en termes de valorisation
professionnelle.

Mes questions, Monsieur le Ministre, sont les suivantes :

– Pourquoi faire passer des tests en néerlandais à des débutants
complets qui affirment n’avoir aucune connaissance de
langue, comme les étrangers ? Quel est le budget mis en place
pour cela ?
– Menez-vous des évaluations de ce dispositif d’apprentissage
des langues, et particulièrement du néerlandais avec Actiris ?
Disposez-vous de résultats positifs ?
– Pourquoi n’y a-t-il pas de formations différenciées en fonction
du niveau d’éducation des participants ? Pourquoi les cours
du soir ne sont-ils pas ouverts aux demandeurs d’emploi ?
– Êtes-vous en mesure d’évaluer le nombre de demandeurs
d’emploi qui réussissent la formation ? Combien ont
abandonné sur les 9.370 chèques distribués ?

Réponse :

En 2017, Actiris a réalisé 19.821 tests langues,
dont 13.010 pour le néerlandais et 9.476 Chèques langues ont été
octroyés, dont 7.604 pour des formations en néerlandais.
La collaboration d’Actiris avec les établissements de
promotion sociale existe depuis de nombreuses années, et la
réforme des « Chèques langues » menée en 2016 ne visait pas ce
partenariat.

En 2017, 1392 « Chèques langues promotion sociale » ont été
délivrés par Actiris, dont 768 pour le néerlandais.
Il est opportun de toujours faire passer un test langue, même
pour un débutant complet. En effet, on constate bien souvent
que l’appréciation du niveau linguistique d’une personne est
subjective. De même, les chercheurs d’emploi ne sont pas
toujours à même de juger leur niveau. Certains ont tendance à
se sous-estimer, d’autres à se surévaluer. Comme Actiris oriente
les bénéficiaires de Chèques langues vers des formations réparties
selon les niveaux établis par le cadre européen commun de
référence pour les langues (CECR), il est important d’évaluer
convenablement leur niveau au préalable.
Le cout unitaire de ces tests ELAO est nul pour Actiris, car
plus aucun frais de licences n’est facturé.
La mesure « Chèques langues » est monitorée
trimestriellement.

Avec l’introduction des « Chèques langues transition vers
l’emploi (TVE) » qui ont remplacé les chèques langues projet
professionnel en cours individuels – uniquement accessibles aux
chercheurs d’emploi d’un niveau de langue minimum B1 – la
réforme a permis une stabilisation financière, une diminution des
dépenses tout en augmentant légèrement le nombre de bénéficiaires et a également rendu la mesure plus efficace.
Les cours collectifs de 3 à 6 participants consistent en des
formations intensives de 60 heures. En effet, 20 heures de
formation sont insuffisantes pour réaliser un progrès linguistique.
La réforme a permis de réorienter la mesure vers les chercheurs
d’emploi qui en ont le plus besoin.

Vous trouverez en annexe (*) le tableau relatif au profil des
bénéficiaires des « Chèques langues TVE » en comparaison
avec ceux des « Chèques langues Projet Professionnel – cours
individuel » (ancienne mesure) pour l’année 2016. Les données
relatives à l’année 2017 ne sont pas encore disponibles.
Selon le niveau d’études, on constate que le profil des bénéficiaires des « Chèques langues TVE » correspond davantage à celui
des DEI inscrits chez Actiris. On voit, en effet, une augmentation
claire du nombre d’infra-scolarisés bénéficiant de la mesure.
L’élargissement du public s’observe également en termes
d’âge et de durée d’inoccupation.

Les CE de moins de 25 ans représentent 21 % des bénéficiaires
des Chèques langues TVE (16 % pour les « Chèques langues
formations individuelles partenaires privés).
Le nombre de CE de longue durée représentent 32 % au lieu
de 21 %.

De plus, les « Chèques langues TVE », en proposant une
méthodologie spécifique axée sur la dynamique de groupe et le
renforcement de l’assiduité, permettent d’augmenter le taux de
présence. Ainsi, la plupart des bénéficiaires vont jusqu’au bout de
leur formation, et entament même par la suite un second module
de cours.

Quant au niveau d’étude des bénéficiaires, il s’avère que ce
n’est pas un critère déterminant de la capacité à bien suivre une
formation linguistique. La difficulté réside cependant pour des
élèves non alphabétisés. Mais ceux-ci sont détectés et réorientés
vers des cours « alpha ».

L’inaccessibilité aux cours du soir est une décision historique
d’Actiris, qui a estimé à l’époque que les chercheurs d’emploi
disposent davantage de temps en journée.
Durant l’année scolaire 2016-2017, 2038 chercheurs d’emploi
ont suivi des formations linguistiques en promotion sociale.

Les résultats sont les suivants :
– Réussite : 902 ;
– Échec : 188 ;
– Désinscrit de la formation pour motif jugé valable : 219 ;
– Abandon positif travail : 114 ;
– Abandon positif formation : 33 ;
– Abandon pour cause de maladie : 45 ;
– Abandon immédiat : 193 ;
– Abandon sans justification du CE : 344 ;

L’abandon immédiat est un statut par lequel l’école indique
que le chercheur d’emploi ne s’est jamais présenté ou n’est venu
qu’au premier cours sans jamais avoir répondu aux sollicitations
sur les raisons de son absence ou sur sa volonté de se désinscrire
de la formation.